Objets connectés. Des aidants à soulager © Le Télégramme

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Ses objets connectés vont tenter de soulager la souffrance des aidants de personnes dépendantes. C’est aussi un peu l’idée d’un réseau qu’il veut mettre en place sur internet. Pour y arriver, Éric Thibaut vient de créer sa start-up, Telimed, en intégrant le programme d’accélération Ouest Startups.

Les objets connectés qu’il veut commercialiser en 2018 ne seront pas de simples gadgets. Ils doivent alléger la souffrance des aidants de personnes dépendantes : Alzheimer, Parkinson, maladies neurodégénératives… Le réseau social qu’il envisage de déployer en 2017 s’inscrit dans la même philosophie. À 55 ans, Éric Thibaut vient de créer sa start-up, Telimed, pour y arriver. Ce quinquagénaire ne met pas un pied dans un domaine inconnu. Celui qui est titulaire d’un doctorat en biochimie et d’un doctorat en économie de la connaissance possède un CV plutôt costaud. Il y a trente ans, il a démarré sa carrière en immuno-cancérologie à l’institut Curie à Paris. Il a ensuite travaillé « en recherche-développement et business développement » pour diverses sociétés étrangères de biotechnologie et de robotique médicale en Suède, Finlande et aux États-Unis. En 2003, il change d’univers en intégrant la direction de l’innovation du CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Celui qui a « toujours une tonne d’idées » finit par quitter ce temple de la recherche scientifique en 2010. Pourquoi ? « Trop de contraintes politiques et institutionnelles ! », répond Éric Thibaut. Il existe une autre raison pour expliquer ce virage : « La création d’entreprise, c’est probablement la dernière aventure humaine qui vous remet en cause. Vous rencontrez des gens. Vous avez une idée. Il faut la défendre. Vous êtes jugés sur ce que vous valez vraiment », répond celui qui voulait mettre en oeuvre les conseils qu’il donnait à longueur de journée.

« Une souffrance réelle dans le domaine de la santé »

Directeur de recherche et développement dans de grands groupes de 2011 à 2014, c’est la synthèse vocale qui va le conduire à Lannion dans les murs de Voxygen. Après avoir lancé ce projet, Éric Thibaut n’a pas déserté la région. En poussant la porte d’Anticipa, il a ajouté une nouvelle ligne à son CV : patron de start-up. « Il y a vraiment une souffrance réelle des gens dans le domaine de la santé », témoigne celui qui est contact avec les associations France Alzheimer et AFTC (Association des familles de traumatisés crâniens). Les objets connectés au service des personnes dépendantes, qui existent aujourd’hui, ne trouvent pas vraiment grâce à ses yeux : « On met autour du cou des petits vieux et petites vieilles un truc pas très beau. Il faut appuyer sur le bouton rouge si vous avez un problème. Ces objets conduisent à un modèle de société qui est invivable. On considère que les gens sont hors circuit ». Pour lui, les objets connectés doivent répondre à une autre urgence : soulager le quotidien des aidants. « En quoi les objets connectés les aident ? En rien… On est à côté de la problématique de la souffrance. On vend une déresponsabilisation des aidants en leur disant que ça va leur arranger leur problème ». Éric Thibaut envisage les objets connectés, qu’il souhaite commercialiser dès 2018, comme « un vrai soutien dans la vie des gens. Il faut demander aux familles ce dont elles ont vraiment besoin pour alléger leur fardeau ».

« Le but, c’est la réinsertion du patient dans la ville »

C’est un peu aussi l’idée au coeur du réseau social que le créateur d’entreprise veut lancer dès l’année prochaine : « C’est un peu un Facebook pour augmenter la densité de personnes capables d’aider un patient dans la ville. Le but, c’est la réinsertion du patient dans la ville ». Cette idée est fondamentale pour lui. Avec trois millions de personnes dépendantes en 2020 et neuf millions d’aidants familiaux concernés, Éric Thibaut est convaincu que le système de santé ne pourra pas suivre. Pour lui, il faut repenser notre façon de vivre et élargir le concept de l’aidant à tout le monde. « Dans le reste du monde, on ne construit pas des Ehpad où l’on enferme les gens jusqu’à leur mort. En Afrique ou en Asie, c’est toute la communauté qui les prend en charge. Il faut réintégrer cette approche citoyenne de la santé ». Telimed va utiliser les nouvelles technologies pour essayer d’alléger « ce tsunami » qui arrive. Ses objets connectés et son réseau solidaire oeuvrent dans ce sens.

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